Une relation construite à la Russie passe par l’environnement

mar31

 

Environnement et Russie, le sujet N°1

L’écologie en Russie est un sujet majeur pour la lutte contre le réchauffement climatique comme pour tous les sujets d’environnement en général. La raison principale est tout simplement que la Russie est le plus vaste pays au monde. L’impact d’une politique environnementale ou son absence dans ce pays a naturellement un impact sur le monde entier. Peut être même que vu la taille gigantesque de leur pays, les Russes pourraient avoir valeur d’exemplarité sur le reste du monde.

Evidemment, nous en sommes loin. Pour le moment, la Russie n’a pas de politique très claire sur le sujet et nombre d’industries n’accordent encore guère d’attention aux problèmes environnementaux. Pourtant les Russes ont pu mesurer l’impact négatif des négligences du passé. Leur problème démographique les pousse à se pencher plus sérieusement sur les problèmes de santé et donc indirectement sur l’environnement. Et au delà de cela, la rente énergétique n’est pas éternelle et la diversification de l’économie russe est un moyen clair de briser cette dépendance envers les énergies fossiles, tout en créant des emplois, des filières nouvelles, de l’innovation… un avenir plus sain.

D’ailleurs, lorsque l’Etat ne s’en occupe pas lui même, on voit apparaître des initiatives citoyennes, comme c’est le cas pour le ramassage des déchets urbains dans plus d’une vingtaine de grandes villes russes. Les habitants avaient commencé à faire eux même le travail, fatigués de voir leurs enfants jouer dans les cours d’immeubles entre les poubelles et autre détritus parfois dangereux. L’initiative s’est ensuite étendue largement dans le pays.

L’écologie en Russie c’est donc une question clé. Pour la santé des populations comme nous l’avons vu, comme facteur d’amélioration du problème démographique, mais aussi du point de vue de l’emploi et des échanges internationaux. Les années qui viennent verront apparaître de grands leaders internationaux de l’environnement et des éco-technologies qui prendront le lead sur la transformation des économies. La Chine investi déjà en masse sur le sujet. La France commence et aurait certainement beaucoup à gagner en coopération avec les Russes sur ce sujet. D’autant qu’en terme de débouchés de marché, la Russie est vaste. Les coopérations et l’association de savoir-faire seront nécessaires et même incontournables vu les enjeux, vu les attentes et les besoins de transformation de nos sociétés.

La Russie et l’écologie, ça va très bien ensemble, il suffit d’y croire et de le construire. Russie.fr existe aussi pour valoriser ce qui se fait en la matière. N’hésitez pas à me soumettre les projets ou actions dont vous auriez entendu parler. Je développerai les meilleures suggestions ensuite sur le site.

« Et surtout n’oubliez pas. Laissez-moi vos commentaires.

Dites moi ce que cela vous inspire. Dites moi aussi ce qui vous manque ou ce qui vous gêne le plus sur ces questions. Vos remarques m’aideront à toujours améliorer les contenus du site.

Merci »

Deux fois plus de français en Russie en 10 ans

jan29

J’ai choisi cette vidéo pour vous, car on y trouve des informations inattendues. Regardez au moins la première partie, c’est celle qui nous intéresse ici. Et oui, la communauté française en Russie grandit. En 10 ans, les échanges franco-russes ont augmenté de près de 40% et plusieurs partenariats majeurs ont vu le jour. Les investissements français en Russie ont même dépassé ceux des Etat-Unis… et on se prend à rêver, notre premier Ministre parle d’une grande zone de libre échange entre l’Europe de la Russie… affaire à suivre.

Parmi les grands partenariats, on peut citer celui d’Ariane Espace et de Soyuz, dont j’ai déjà parlé sur ce blog, mais aussi celui de Paris Europlace qui tisse ses liens avec la communauté financière de Moscou. Notre premier ministre semble souhaité voir la finance prendre du poids du côté de la Russie, plutôt qu’à Londres ? Tiens, tiens…

En tout cas, les français vont collaborer avec les Russes pour fortifier sa place financière. On note aussi le partenariat sur le technopôle de Skolkovo. Il est prévu que Jean-Marie Lehn, prix nobel de Chimie soit le représentant de la France au Comité Scientifique… affaire à suivre là aussi. Comme depuis plusieurs années, la France doit aussi renforcer ses partenariats dans l’agro-alimentaire dont je reparlerai une autre fois sur Russie.fr.


Dernier et pas des moindres, les autorités russes et françaises ont pris un engagement pour ouvrir un centre franco-russe sur l’efficacité énergétique. Rappelons que l’efficacité énergétique et l’une des pistes majeures envisagée pour faire face au réchauffement climatique en dehors de produire des énergies alternatives aux énergies fossiles. Ce centre devrait permettre aux entreprises françaises de venir travailler sur ce sujet qui est très cher à la Russie.

Sans aucun doute, la communauté d’affaires franco-russe a gagné en maturation ces dernières années et je ne sais pas vous, mais j’ai hâte d’en voir les retombées prochaines.

Thomas B.

Environnement en Russie, utopie ou objectif réaliste ?

jan13

La Russie était le pays invité au festival international de géographie de saint Dié 2010. A cette occasion, l’Ambassadeur Alexandre Orlov a pu s’exprimer sur la vision qu’a la Russie sur les questions d’environnement. Les questions de protection de l’environnement et de gestion des espaces ou des ressources naturelles y sont abordées.

L’ambassadeur de Russie est formel. La protection de l’environnement est pour les Russes un objectif réaliste. La volonté officielle est rassurante. Les Russes souhaitent avoir une approche plus rationnelle pour l’exploitation des ressources naturelles du pays.

Alexandre Orlov: Russie et développement durable

Alexandre Orlov, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de Russie en France, est diplômé de l’Institut d’Etat de Moscou des Relations internationales auprès du Ministère des Affaires Étrangères d’URSS en 1971.

Il répond aux questions de Dominique Lefevre pour le Pôle national Éducation au développement durable – CRDP de l’académie d’Amiens

L’ambassadeur de Russie est formel. La protection de l’environnement est pour les Russes un objectif réaliste. La volonté officielle est rassurante. Les Russes souhaitent avoir une approche plus rationnelle pour l’exploitation des ressources naturelles du pays.

Ils souhaitent aussi économiser l’énergie qui est encore trop souvent gaspillée en développant entre autres des nouvelles technologies qui consomment moins d’énergie. L’efficacité énergétique est l’une des voie majeures pour tenir le pari environnemental et la Russie compte bien y avoir un rôle. Ce rôle lui est parfaitement légitime.

Pour le moment la marge de progrès est grande. Pour produire la même quantité de richesses, il faut en Russie entre 3 à 5 fois plus d’énergie qu’en Europe. Il reste du chemin à parcourir. L’objectif fixé par le Président Medvedev est le développement d’énergies renouvelables, et notamment hydraulique. Les grands fleuves de Russie offrent là un gisement à très fort potentiel. La Russie n’en serait qu’à 20% de ses capacités de production d’électricité hydraulique.

L’ambassadeur parle aussi du développement de l’énergie nucléaire, « énergie la plus propre ». De nouvelles centrales doivent être construites pour accroître la part du nucléaire dans le bouquet énergétique russe.

Mais la Russie a encore d’autres réserves. 65% du territoire est couvert de forêt. Des régions entières sont couvertes de forêts, souvent difficilement accessibles : la Sibérie, l’extrême orient, souvent aussi dans des régions peu peuplées. Il faut utiliser la forêt de moins en moins pour l’énergie, dit l’Ambassadeur. Il vaut mieux utiliser la forêt à des fins plus rationnelles, pour l’industrie du bois et de la construction, du papier, tout en trouvant progressivement des moyens de substitution. La foret est le poumon d’oxygène dont nous avons tous besoin.

Sur le problème démographique, l’Ambassadeur confirme que jusqu’à ces dernières années, la démographie russe est à croissance négative. Il nous dit qu’elle est devenue positive depuis seulement l’an dernier (2009), depuis le mesures prises par le gouvernement pour favoriser les naissances. Et pour compenser les décès et accroître l’espérance de vie, le gouvernement russe veut mettre l’accent sur le développement de toute la filière santé.

Thomas B.

Ecologie France Russie, un lien fort d’interdépendance

oct29

Ecologie – l’interdépendance France-Russie

Un article du Monde m’a mis la puce à l’oreille. Il apporte des éléments concrets sur un sujet très vrai. Les frontières sur terre sont artificielles et ne reflètent pas les échanges atmosphériques, énergétiques et écologiques qui se produisent sur notre planète.

France et Russie son bel et bien inter dépendants sur au moins un d’écologie majeur, celui des émissions de gaz à effet de serre de la France ou de la Russie. Il semblerait en effet selon une étude parue dans la revue scientifique « the proceedings of the National Academy of Sciences » que les russes aient à voir avec nos émissions de CO2 à nous.

Pour comprendre cela, il suffit de remonter la chaîne complète de production du CO2, depuis l’extraction des combustibles que nous utilisons.

Empreinte carbone et interdépendance

Selon Le Monde, l’empreinte carbone d’un pays est la somme de tous les gaz à effet de serre émis sur un territoire via la combustion d’énergies fossiles. Mais elle pourrait aussi prendre en compte les émissions générées par l’appareil de production industriel de vêtements, de produits électroniques et de tous les biens et services de consommation, que ces produits et services soient fabriqués sur place… ou importés depuis l’étranger. Ainsi les émissions de CO2 générées pour produire un T-shirt importé depuis la Chine seraient comptées dans le bilan carbone du pays importateur… finalement… cela serait aussi du bon sens.

Un nouveau modèle permettant de tracer les émissions d’une soixantaine de secteurs de l’industrie sur 112 pays a donc été mis au point par les chercheurs pour remonter aux origines de chaque gramme de CO2 depuis les sources d’extraction des combustibles… charbon, gaz et pétrole principalement jusqu’à son point d’émission.

On peut ainsi voir combien du charbon australien est utilisé par les européens ou combien des émissions japonaises sont dépendantes des importations d’énergie du proche Orient.

Pour en revenir sur notre sujet, celui de l’inter dépendance écologique France Russie, les chercheurs ont conçu trois camemberts représentant les différentes émissions de CO2. Celui de gauche montre les sources d’extraction des futures émissions de CO2. Celui du milieu montre l’endroit où les émissions de CO2 ont été rejetées. Et celui de droite, les émissions de CO2 produites sur les lieux d’extraction.

Interdépendance écologique – conclusion

L’énergie utilisée en France pour produire les produits et services a généré des émissions de CO2 principalement en France et il n’y a rien d’étonnant à cela. Par contre, la Russie étant à l’origine d’une grande partie de notre énergie (plus d’un tiers). L’origine d’une grande partie de nos émissions de CO2 est donc bien la Russie.

Et alors, et après à quoi ça sert, nous direz-vous ? La dépendance énergétique de l’Europe envers la Russie n’est pas nouvelle. Par contre, non seulement elle est grande, mais elle s’accentue encore plus ces dernières années. Et ce qui est nouveau, c’est qu’elle se mesure aussi désormais en terme d’impact sur l’environnement. Et ce n’est pas pour jeter le blâme à la Russie, qui a autant besoin de vendre son énergie que la France a besoin de l’acheter, mais plutôt pour reconsidérer cette chaîne de responsabilités.

L’intérêt de cette étude scientifique est aussi par ce biais, de donner des éléments tangibles à l’élaboration d’un accord climatique mondial. Il s’agit, non seulement de tracker les émissions de CO2 depuis leur origine jusqu’à leur point d’émission, tout en mettant en parallèle les bénéfices et avantages économiques liés à la vente d’énergie fossile. Il s’agit aussi de nuancer les responsabilités de chacun dans la production, puis dans l’utilisation des énergies indispensables à nos modes de vie.

J’ai trouvé cette étude plutôt intéressante, en ce qu’elle pourrait finalement donner un sens nouveau dans les relations bilatérales entre nos deux pays. Par exemple cette interdépendance serait certainement une raison concrète pour diminuer la dépendance énergétique de l’Europe, puis de la France conjointement avec les russes tout en développant des partenariats plus forts de recherche et développement de nouvelles sources d’énergies renouvelables.

L’écologie et la Russie ont décidément un lien…

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Energies renouvelables – un vaste programme en Russie

déc12

Energies renouvelables en Russie – programme de développement

La Banque Mondiale a annoncé début décembre un programme de 165 millions de dollars sur les énergies renouvelables en Russie. D’après la Banque Mondiale, il devrait provoquer un « tsunami de projets » et de financements additionnels.

Le « Russian Renewable Energy Program »

est un programme de l’International Finance Corporation de la World Bank, du Global Environnement Facility, et de l’Agence Russe pour l’Énergie. Il a été conçu pour développer un cadre législatif destiné à assister les projets sur l’énergie renouvelable, pour développer l’accès au financement et pour injecter directement des fonds dans des projets privés.

Selon Snezana Stoiljkovic, Directrice de l’IFC pour l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale, « C’est le premier projet du genre. Son lancement en Russie n’est pas du au hasard. La Russie a un potentiel gigantesque sur les énergies renouvelables »

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10 millions de dollars doivent être dépensés sur l’assistance technique pour développer le cadre législatif et un système d’incitation pour les cinq prochaines années. 150 millions de dollars serviront à des investissements directs dans les énergies renouvelables. Et cinq autres millions de la BERD doivent d’y ajouter.

Investir sur une trentaine de projets d’ici 2016.

La majeure partie de l’investissement doit aller dans la production d’énergie éolienne et de biomasse.

Les organisations écologiques ont salué le projet en disant que la place attribuée à l’assistance technique et au renforcement de la législation actuelle, particulièrement vague, était fondamental. Elles ont ajouté que la création d’un système d’incitation à la création de projet, pourrait libérer le potentiel phénoménal de la Russie en énergies renouvelables.

Rushydro devrait obtenir le monopole des investissements sur ce programme. Les finances sont là et la technologies existe. Les grandes compagnies comme Rushydro et Lukoil ont toutes des projets sur les énergies renouvelables. La seule chose qui manque pour assurer le décollage de ce secteur, c’est la législation russe.

Patrick Willem, responsable du projet pour l’IFC assure que ce dispositif devrait déclencher une série d’autres projets, d’investissements et de nouvelles idées qui auront un impact environnemental bien plus large.

Le programme doit se dérouler sur cinq ans en mettant en place des capacités de production en énergies renouvelables de 205 mégawatts et en réduisant les émissions de gaz à effets de serre de 5 millions de tonnes par an. Les effets indirects pourraient aller jusqu’à les réduire de 200 millions de tonnes supplémentaires.

Pour un pays comme la Russie qui est le quatrième producteur de gaz à effets de serre au monde ce type de projet pourrait être salutaire, notamment pour répondre à des problèmes d’accès à l’énergie de ses populations. En effet, la Russie exporte tellement son énergie, que certaines régions n’ont pas accès au gaz par exemple. Le succès du projet pourrait de plus avoir un impact très fort sur l’image de la Russie en général.

La stratégie du gouvernement sur l’énergie prévoit d’augmenter la part des énergies renouvelables à 4,5% de la production globale d’ici 2020. Greenpeace Russie estime qu’atteindre 9% n’est pas irréaliste.

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