De l’hydrofoil à l’Ekranoplane
« Pour être pleinement heureux, l’homme a besoin d’une patrie glorieuse » Simonid Keoski, 5ème siècle avant notre ère. Voilà sur quoi s’ouvre ce sujet étonnant.
Dans la bibliothèque du Congrès des Etats-Unis, figurent les grands noms qui ont contribué à la gloire de l’humanité. Parmis ces noms, on trouve ceux de grands hommes russes comme Vernadsky, Korolev, Soljenitsine… On trouve aussi celui d’un autre grand homme inconnu de la plupart d’entre nous, Rostislav Evguenevitch Alexeev. Ce constructeur de génie a par deux fois dans sa vie révolutionné la construction navale et les transports fluviaux et maritimes, tout en repoussant les vitesses de déplacement sur l’eau à des limites qui paraissaient hors d’atteinte peu de temps avant lui. Les lois et principes qu’il a découvert et qui ont changé cette perception a jamais, ont conservé le nom de « l’effet Alexeev ».
Depuis toujours, les hommes ont emprunté les rivières et les eaux du globe en cherchant à s’y déplacer plus rapidement. Alexander Mikhaïlovitch de Russie en son temps était détenteur du record de vitesse de l’époque qui était de 15 km/heure avec son bateau à vapeur. Au début du 20e siècle, le record de vitesse qu’il soit sur terre ou sur mer atteignait pas beaucoup plus que 100 km/heure, alors que les bateaux étaient toujours incroyablement lents. Le temps n’était pas encore venu pour la révolution sur l’eau.
La première rupture s’est déclarée en 1957, lorsqu’est apparu sur la Volga un engin d’un type tout à fait inhabituel avec des ailes sous-marines ayant le nom de symbolique de Raketa (roquette en russe). Il sortait des ateliers de construction d’appareils nautiques à ailes sous-marines dirigé par Rostislav Alexeev.
Le Raketa a fait pour la première fois sensation lors à sa présentation au festival international de la jeunesse et des étudiants à Moscou. Les médias ont très vite relayé la nouvelle. Un bateau à moteur « ailé » permettait désormais aux soviétiques de se déplacer à grande vitesse sur les eaux de Russie. Nikita Khrushchev, très impressionné par la machine a donné sous soutien et une nouvelle impulsion dans la construction et le développement de ce bateau atypique après avoir fait un tour à bord. Le Raketa est à partir de là devenu le symbole de Nijny Novgorod et a commencé son aventure sur une première ligne de transport de passagers régulière jusqu’à Kazan.
Les premiers mythes ont alors fait leur apparition sur l’engin révolutionnaire d’Alexeev. Certains par exemple étaient prêt à jurer avoir vu un Raketa faire des bons en regardant par la fenêtre. D’autres affirmaient que ses moteurs étaient des moteurs à réaction, d’où son nom « Raketa ». A l’exposition de Bruxelles en 1958, le Raketa a fait à nouveau sensation et a remporté la médaille d’or, ce qui a fait connaître l’invention extraordinaire au monde entier. La légende était née.
Les commandes affluèrent et Rostislav Alexeev était devenu le plus grand constructeur au monde de bateau à ailes sous-marines. Son équipe a rapidement atteint les 5000 personnes et travaillait au rythme « Nouvelle année – Nouveau bateau ». Ainsi, chaque année, un nouveau modèle sortait des ateliers, dont la plupart n’ont jamais eu d’équivalent ailleurs. L’année du triomphe de Raketa, alexeev avait 40 ans.
Depuis sont enfance Alexeev était passionné de vitesse et plus tard par les courses de voiliers. Il est même devenu champion de Russie de coure à la voile. Il passe son diplôme dans un institut de construction navale et pense déjà à des bateaux du futur aux ailes sous-marines. Pendant la grande guerre, il continue à esquisser des plans alors qu’il construit des tanks T34. Dès qu’elle finira, il fonde son laboratoire d’études hydrodynamiques, dont le but est d’augmenter la vitesse des bateaux jusqu’aux limites permises par ses découvertes. Alexeev mis au point un appareillage permettant aux bateaux d’être stables et beaucoup plus rapides grâce à leurs ailes sous-marine.
Il inventa en même temps un système très simple à installer sur n’importe quel hors-bords pour leur faire gagner 10 Km/heure. Cette invention a permis de diffuser rapidement et largement ses trouvailles dans la population. Il devint lauréat du prix Staline et pu ouvrir le premier bureau au monde de construction de bateaux hydrofoil. C’est de là que son sortis les premiers « Raketa ».
La seconde rupture a elle aussi pris le nom d’un appareil spatial : le »Meteor », puis plus tard sa variante pour les mers, le « Kometa » (comète) à bord duquel l’ingénieur a fait son tour du monde. Des foules d’étrangers venaient à sa rencontre dans les ports pour voir de leur propres yeux le miracle russe. Chaque année sotait un nouveau modèle : le Cyclone, le Spoutnik, l’Albatros, le Zenit et beaucoup d’autres… certains modèles étaient prévus pour les transports de passagers et d’autres étaient de plus petits yachs privés construits sur le même principe. La révolution navale soviétique était faite. Bientôt ses bateaux révolutionnaire allaient envahir les fleuves et rivières de l’Union Soviétique et au delà, pour le plus grand bonheur de tous.
Mais Alexeev n’en avait pas terminé avec ses inventions révolutionnaires. Un phénomène d’effet de sol curieux connu des aviateurs, faisait qu’à l’atterrissage, les avions étaient comme soulevé à l’approche du sol par une sorte de coussin d’air entre l’avion et le sol. Cet effet s’appelait l’effet Ekran. Les inventeurs de l’époque ont eu l’idée de s’en pour améliorer encore ses inventions et leur donner encore plus de vitesse sous le nom d’Ekranoplane. Mais personne n’est jamais arrivé à atteindre l’excellence d’Alexeev en la matière. Une nouvelle révolution était en marche. Voir l’article que j’avais écrit à ce sujet : L’Ekranoplane ou le monstre de la Mer Caspienne.
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Crédit photos : http://www.riverships.ru
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