C’est dans le Nord, dans la région d’Arkhangelsk que s’est conservé cet îlot de la Russie ancienne : la nature y est intacte avec ses lacs, des forêts et des villages avec leur architecture typique. En 1991, le parc national Kenozerski a été crée pour protéger à la fois la nature nordique, mais aussi plus de 100 monuments historiques dont les chef-d’œuvre d’architecture en bois du XVIII siècle. Le parc est situé au sud de la région d’Arkhangelsk, non loin d’une de villes russes les plus anciennes : Kargopol. Elle est la porte du parc naturel. C’est l’endroit où les visiteurs du parc arrivent en prenant le train de nuit depuis Moscou ou Saint-Pétersbourg. Le voyage nécessite de prévoir au moins une journée pour découvrir Kargopol et ses églises de XVIII siècle. C’est aussi à Kargopol où on fabrique des jouets en argile joliment décorés.
Les voyageurs prennent le minibus du parc pour aller au village Vershinino à 160 kilomètres de Kargopol. Cette distance est parcourue en passant par les routes forestières. Elle n’est pas considérée comme très grande selon les normes locales. Le bus et ses voyageurs sont accueillis au village dans une ancienne maison en bois qui appartenait à une famille marchande et sert de nos jours de maison d’hôtes. On se sent ici comme au bout du monde. Rien n’évoque le XXI siècle. A Vershinino, l’église St Nicolas plane au sommet de la colline qui surmonte le village au bord de l’immense lac Kenozero. Le lendemain de l’arrivée, une visite de l’église est prévue. Les voyageurs y découvrent les superbes peinture sur bois, tradition artistique du Nord de la Russie. Cette tradition peur sembler un peu naïve, mais la pureté des couleurs bleu ciel et vert sont inspirées de la nature avoisinante au lac Kenozero.
Les repas dans la maison d’hôtes sont servis et préparés par les habitants du coin. Une babouchka sert des pommes de terre au beurre fait maison, du poisson fumé et grillé qui vient du lac. Et pour le dessert… des blinis aux framboises fraîchement cueillies. La babouchka s’excuse en disant qu’elle n’a pas pu avoir de saucisson cette fois ci. Les voyageurs sourient et la remercient pour ce délicieux repas. Elle s’excuse pour ce repas modeste et campagnard, mais les plats préparés sont on ne peut plus bio finalement.
Pour découvrir les merveilles architecturales du parc, les voyageurs partent en escapade en minibus ou en bateau et visitent les villages les plus éloignés. Au village Glazovo on découvre la chapelle la plus petite de la Russie – il faut s’asseoir sur les genoux pour y entrer. Au village Zekhnovo, quand le guide nous ouvre l’église dont la partie basse rappelle les bords d’un bateau, une dame se précipite vers de son izba vers les voyageurs. La vieille dame a probablement entre 80 et 90 ans, mais toujours très vive, elle a hâte de faire visiter son église qu’elle protège depuis 1930. Les visiteurs sont rares et elle aime raconter ses aventures vécues aux gens de passage.
Le parc Kenozerski dispose a deux accès possible par sa partie Nord. Au village Morchichinskaya, on trouve une autre maison d’hôtes spécialement construite par le parc au bord du lac Lacha. En face de la maison on trouve l’administration du parc et une petite exposition sur les métiers des paysans de la région. La petite boutique du musée est très sympa : on y trouvons des objets fabriqués sur place uniquement. Le choix des herbes à infusions est très large. Elles sont plutôt inhabituelles pour des français, avec entre autres plantes, des baies cueillies en forêt.
Le parc est l’employeur principal pour tous les villages situés sur son territoire. L’administration du parc soutient les initiatives de ses habitants, comme par exemple la visite guidée à la découverte des plantes de la forêt nordique. Ces visites empruntent des sentiers avec une babouchka comme guide. Elle est ici dans son royaume et nous enseigne ses recettes de préparations diverses à base de plantes. Après une heure de marche les voyageurs arrivent au bord du lac forestier où l’on trouve une maisonnette en bois avec une cheminée. Une dégustation de plusieurs types d’infusions russes avec des pirojkis les attend sur place avec différentes baies de la fôret : myrtille, airelle…
Aujourd’hui le parc Kenozerski n’est visité que par environ 1000 touristes par an. C’est très peu, vu l’immensité du parc. Cela en fait une destination idéale pour découvrir la Russie profonde et son environnement naturel du nord de la Russie. C’est aussi la Russie des vieux-croyants avec leurs traditions authentiques loin des « spectacles folkloriques » montés de toute pièce pour les foules de touristes des grands circuits de Russie.
De là bas, il est possible d’aller plus loin encore vers les îles Solovki ou vers Arkhangelsk, ou encore Vologda ou Saint-Pétersbourg.
Page écrite en partenariat avec Troïka, Agence de Voyage francophone, spécialiste des voyages culturels et d’écotourisme en Russie http://www.troikatourism.com
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