Sur les traces de la Russie en Europe – Prague

Lors de vos voyages en Europe Centrale ou en Europe de l’Est, profitez-en pour réviser un peu de russe. Comment ? Et bien c’est tout simple et plutôt intéressant. Voyez plutôt la suite !

Dans n’importe quel guide (pas trop mal fait), vous retrouverez facilement la trace… des russes en Europe. En tout cas, pour toute la partie qui était il y a un temps sous domination soviétique. A partir de la, votre visite prend un tout autre sens.

Vous pourrez ainsi repérer les traces des russes ou du passage des soviétiques. ET vous pourrez même vous exercer en russe tout en apprenant un tas de trucs bien intéressants sur les pays que vous visitez, sur la Russie, sur l’histoire de l’Europe et sur l’identité européenne bien sûr.

Franchement c’est du 3 en 1 !! J’adore !!! Et c’est un vrai trip d’européen !

Tchèques et soviétiques : points de repère historiques

Comment les russes sont arrivés à Prague

Alors voici un 1er exemple, à Prague (où je suis en écrivant et article), je me suis demandé ce qu’il restait des années d’occupation soviétique. Alors pour vous resituer, la Tchékoslovaquie (maintenant République Tchèque) a été sous domination nazie entre 1939 et 1945. Puis, elle fût libérée par les soviétiques qui s’y sont ensuite installés un peu plus longtemps que prévu. Pour préciser encore, les soviétiques y sont restés 46 ans.

Autre précision. Prague est à peine à plus de 1000 kilomètres de chez nous.

Et détail intéressant, Prague est plus à l’Ouest que Vienne que nous considérons pourtant comme une ville de l’Ouest. Marrant non ?

D’ailleurs en passant, il faut rappeller aussi que nous (les français et les anglais), avons abandonné à Hitler les sudettes (régions aux populations allemandes de tchéko slovaquie) avec l’aval de Daladier. Autrement dit, les nazis sont arrivés chez eux un peu grâce à nous. Nous les avons en gros abandonnés pour avoir la paix chez nous.

Alors bien sûr, les tchèques aujourd’hui n’ont pas oublié. On comprend mieux qu’ils ne comptent pas sur l’Europe pour les protéger en cas de pépin… et qu’ils ont donc favorisé l’implantation des bases de l’OTAN sur son territoire pour y palier (au profit des américains bien sûr)

En 1948, les communistes passent au pouvoir (c’est le fameux coup de Prague). Il faut rappeller ici que la prise du pouvoir par les commnistes ne se fit pas par la force, ni sous la contrainte de l’armée rouge. Mais bien par des élections en bonnes et dues formes contrairement à ce qui s’est produit ailleurs dans les pays de l’Est.

Bon, ok, Staline surveillait ça de près. Mais n’empêche. Ce n’était ni un putch, ni une prise du pouvoir par la force, mais bien une élection dans les règles.

Et quand le gouvernement en place a tenté d’instaurer des règles plus souples pour son peuple, un socialisme à visage humain, les soviétiques ont dûrement réprimé cette tentative par ce qu’on a appellé le “printemps de Prague” (voir plus bas).

Si on résume, c’est 46 ans de présence soviétique (pas des plus fun) qui se sont imposées aux tchèques. Et ça s’est terminé par le retrait des troupes soviétiques en 1991 (autrement dit, hier).

Entre temps, les tchèques ont subit, les procès de Prague en 1952 (inspirés des purges staliennes) où l’on a monté de toute pièce ce qu’il fallait pour éliminer les membres du parti communiste tchékoslovaque, désignés comme “ennemis” au régime de la République Socialiste de Tchékoslovaquie.

Alexandre Dubsec inventeur de la Perestroïka (selon Gorbatchev lui-même) arrive au pouvoir en 1968 et insuffle un vent de liberté sur le pays. Par peur d’une contagion dans les pays du “bloc de l’Est”, Brejnev envoie 400 000 soldats (rien que ça) pour réprimer ce “socialisme à visage humain”. A partir de là, l’étau se resserre sur les libertés individuelles et le pays tout entier tombe dans une période noire de son histoire.

C’est le printemps de Prague. Un véritable tournant où les tanks de Brejnev ont envahi la ville pour mater toutes véléités de liberté et à partir de quand les répréssions fûrent plutôt sévères. S’en suivirent une vague d’émigration (plus de 170 000 personnes), et la mise sous surveillance de la population par les services secrets russes (le KGB), la censure et la privation des libertés individuelles au profit du seul parti.

Les tchèques dans leur calvaire et parmi les attrocités subies ont aussi été déportés par milliers comme travailleurs forcés dans les mines d’uranium soviétiques pour le compte du programme nucléaire sovietique. Vous imaginez, travailer dans une mine d’uranium soviétique ?

Euh oui, pendant ce temps en 1968 en France, c’était pas tout à fait la même…

Que reste-t-il de la présence soviétique en République Tchèque ?

Les traces rares du passage des russes, après 46 ans d’occupation

Finalement, après 46 ans d’occupation, on peut se demander ce qu’il reste de la présence soviétique a Prague et dans l’esprit des tchèques. Les derniers soldats soviétiques ont quitté la République Tchèque en 1991. De quoi marquer les esprits durablement.

Leur liberté retrouvée, les tchèques ont “effacé” toute trace apparente de la présence soviétique sur leur territoire.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne reste rien… ou presque… en dehors de quelques musées : le Musée du communisme, le musée du KGB ou encore le monument à la mémoire de Jan Palah qui s’est immolé par le feu pour protester contre l’invasion soviétique (en face du musée national sur la place Wenceslas), on peut voir le bunker dans le sous sol de l’hotel Yalta que l’on peut encore visiter… dont tous les clients ne pouvaient remuer le petit doigt sans que les russes le sachent…

Il y a aussi quelques vestiges listés plus bas 🙂

Mais, ce qui frappe en me promenant dans les rues de Prague, c’est à quel point les tchèques ont tenté “d’effacer” cette période de l’histoire de leur ville.

Dans les magasins de souvenirs on trouve curieusement des matriochkas un peu partout. Il paraît que ces magasins de souvenir sont tenus par les russes. Ils disent même par la mafia russe.

Et les tchèques parlent le russe, même si beaucoup n’aiment pas trop le parler (quoique, ça dépend). Partout, vous trouverez des menus en russe. Les touristes russes sont clairement très nombreux ici.

Pour dire à quel point les tchèques ont souhaité faire disparaitre cette époque douloureuse, ils avaient fait sauter le monument à la gloire de Staline avant même la chute du mur de Berlin de 1989. Comme quoi l’Union Soviétique commençait déjà sérieusement à s’effriter.

Puis ils ont retiré toutes les statues, touts les inscriptions, les insignes soviétiques à la faucille et au marteau. Ils les ont retiré des rues, du métro, des bâtiments officiels… et alors que dans d’autres villes de l’Est, certains ont réccupéré ces vestiges pour en faire des parcs de la mémoire, les tchèques ont décidé de s’en débarasser purement et simplement et de tout détruire. Une grande quantité de ces vestiges en métal fut fondue pour créer un mémorial dans le village de Lidice qui fût lui même détruit pendant la guerre.

On trouve aussi une plaque sur Jan Palach à l’Université de Charles. Ou encore une plaque pour commémorer la révolution de velour (novembre 1989). Elle se trouve à Narodni, près du théâtre national.

Dans les esprits, c’est tout autre chose. Les gens de mon âge ont vécu autant sous les soviétiques que sans eux (ou presque). Difficile à imaginer, non ? Pas évident de retrouver son identité après plus de 50 ans d’occupation 6 par les nazi puis 46 par les soviétiques (sans compter les années Autriche-Hongrie).

Sur la trace des russes à Prague – la liste des lieux à voir

Voici une liste que j’ai faite la plus complète possible des lieux où l’ont trouve encore des indices de la présence russe à Prague. Cette liste n’est sans doute pas exaustive, mais vous donnera déjà quelque balades sympa à faire pendant vos vacances.

  • Le bunker de l’hôtel Yalta était prévu pour accueillir jusqu’à 150 personnes : 120 top officiels et 30 personnes de plus en cas de guerre. Il est possible de visiter ce lieu tout droit sorti de la guerre froide aujourd’hui.
  • L’hôtel international rappelle par son architecture les 7 tours staliniennes que l’on peut voir autour du centre de Moscou (en plus petit). Elle a elle aussi son étoile communiste à 5 branches qui la surplombe.
  • La statue de la libération à l’extérieur de la gare férovière principale d’un soldat tchèque qui embrasse un soldat russe, commémore la libération par les russes du joug nazi en 1945 (même si la joie fût de courte durée).
  • Le bâtiment de la radio tchèque – qui a pris feu en 1968 quand les forces soviétiques ont pri le bâtiment.
  • Le mémorial aux victimes du communisme se trouve juste devant l’entrée du parc Petřín sur la rue Újezd sous la forme d’une série de statues.
  • Le Musée du KGB, où vous pourrez faire une photo avec un chapeau de garde côtes et une mitraillette. Ce musée est tenu pas un russe expert en maniement d’armes et haut en couleurs (c’est le moins qu’on puisse dire). Dans ce Musée vous en apprendrez sur les services russes de l’époque soviétique, mais pas vraiment sur leur activité en Tchécoslovaquie.
  • Le mémorial de la révolution de velour – Narodni, près du théâtre national.
  • La plaque commémorative en l’honneur de Jan Palach, étudiant immolé par le feu en protestation de l’occupation soviétique et que l’on peut voir à l’Université Charles.
  • La tour TV tout droit sortie d’un film de sciences fiction est une pièce d’architecture communiste, aujourd’hui escaladée par des bébés géants ajoutés là par un artiste tchèque célèbre en 2001.
  • Le cimetière Olšany où l’ont peut trouver d’autres insignes soviétiques avec la faucille et le marteau, ainsi que des tombes soviétiques.
  • La station de métro Háje où l’on trouve une statue de deux cosmanautes.
  • Le Musée du Communisme, sans complaisance sur l’époque communiste.
  • La plaque commémorative au lieutenant Ivan Grigorievitch Gontcharenko (tankiste russe)

Sources : Russie.fr, www.praguepost.com

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