Dépasser ses limites pour progresser en russe pour de bon

Pierre Blanchon est un spécialiste de l’apprentissage des langues. Il en parle 6 lui-même. Et il tient le blog Monde des langues. Je vous propose avec lui d’aborder simplement comment lever ces blocages qui nous empêchent de progresser en russe comme on aimerait le faire (c’est à dire mieux et plus vite).

Pourquoi ?
Et bien pour au moins 3 bonnes raisons :

  1. Ces blocages sont à la fois très courants et nombreux.
  2. Ils peuvent être un frein fatal pour progresser en russe.
  3. Il existe des moyens simples pour les faire disparaître pour de bon.

Enfin progresser en russe pour de bonDonc avant tout pour les débloquer et dépasser vos limites

Et donc progresser en russe pour de bon ^^

Thomas : Hello bonjour, aujourd’hui on va faire une interview avec Pierre Blanchon. Salut pierre.

Pierre : Salut !

Thomas : Donc toi tu es le monsieur du Monde des langues.

Pierre : Voilà exactement.

Thomas : Le site le monde des langues, on va en reparler dans cet article / vidéo et on va aussi parler de tous ces petits blocages psychologiques et des blocages en général, qui vous empêchent d’apprendre une langue à votre insu et de progresser en russe.

Donc salut pierre. Tu es spécialiste de l’apprentissage des langues aujourd’hui. Tu es connu sur le web pour tenir le site le monde des Langues

Pierre : Exactement.

Thomas : Et tu parles de comment mieux apprendre toutes les langues quelles qu’elles soient.

Pierre : Voilà c’est ça

Thomas : Tu donnes des trucs et astuces pour faciliter l’apprentissage de ceux qui veulent se lancer à la conquête d’une nouvelle langue peux-tu te présenter en quelques mots ?

Pierre : D’accord très bien, alors priviet, vu qu’on est sur une chaine sur le Russe. donc je m’appelle Pierre, je suis le créateur en 2014 du blog le monde des langues sur lequel j’ai ajouté une chaîne Youtube en 2016. Et je suis parti d’un constat simple, c’est finalement toutes les langues étrangères s’apprennent plus ou moins de la même manière.

Et vous allez peut-être me dire que on apprend pas l’arabe comme on apprend le russe. Et c’est vrai, mais finalement je pars du principe que si on sait apprendre une langue, alors on a les armes pour toutes les apprendre et donc pour progresser en russe aussi.

Donc en fait je me suis pas vraiment arrêté à comment apprendre les verbes anglais ou des choses comme ça. Même si j’en parle parfois, j’essaie vraiment de faire en sorte que chaque personne, quel que soit son âge et quel que soit son parcours, quelle que soit la langue apprise, puisse commencer son projet et le mener à bien, pour un jour parler couramment une langue.

Thomas : Alors toi en fait tu prends vraiment les gens aux tout premiers stades, c’est-à-dire : “j’aimerais bien apprendre une langue étrangère” ; “j’aimerais bien voyager et je ne sais pas trop quelle langue choisir”, ou “comment m’y prendre”; “de toute façon c’est trop compliqué” ;  “je suis un peu perdu…”

Pierre : Alors après il y a des gens de tous les stades. Il y a des gens qui aimeraient commencer une langue ou qui n’en n’ont pas appris depuis le lycée alors qu’ils ont 50 ans. Il y a des gens pour qui c’est loin et après il y a des passionnés de langue qui sont à fond dedans. Il y a vraiment toutes sortes de personnes. Mais assez souvent, la problématique des gens, c’est qu’ils veulent apprendre une langue. Ou alors ils ont déjà commencé à le faire. Mais ils patinent ou alors ça fait longtemps qu’ils sont dessus et ça n’avance pas.

Et c’est justement pour reprendre tout ça et pour remettre l’apprentissage sur des bons rails, plutôt que sur un chemin tortueux, en relançant la motivation qui a peut-être un peu disparu. Voilà, c’est ça parce que la motivation est essentielle pour progresser en russe.

Et il n’y a pas que ça pour moi. Il y a la motivation dans un premier temps pour lancer la machine et après il y a ce que j’appelle la discipline. Même si ça fait un peu peur. C’est finalement les habitudes. Parce que pour moi apprendre une langue ça se fait tous les jours.

Parce que le bébé, quand il apprend sa langue maternelle il l’apprend en étant immergé et en la pratiquant tous les jours. Et créer finalement la motivation et les bonnes habitudes.

Thomas : D’accord. Alors comment tu commences ? Quels sont tes astuces de départ, pour ceux qui ont déjà fait une langue il y a longtemps, qui ont un peu oublié ou qui voudraient s’y remettre. Mais qui ne sont pas trop sûr ou qui pensent que ça va être compliqué, parce que c’est ce qu’ils croient en fait. Mais on va voir que pas forcément et tu as aussi des gens qui commencent.

Pierre : La première chose déjà c’est d’arriver à se dire que ça ne va pas être compliqué parce que même une langue conçue comme difficile, comme par exemple chinois ou le russe ou autre.. si on a le bon état d’esprit et c’est pas simplement des fariboles. C’est vraiment… si on sait qu’on peut y arriver, alors on va y arriver et progresser en russe. Même si ça va prendre du temps, parce que personnellement je ne suis pas trop fan des discours du style apprenez n’importe quel type de langue en trois mois. Apprenez à parler couramment n’importe quelle langue en deux semaines ou je ne sais pas quoi comme on voit trop souvent sur Internet.

Il ne faut pas hésiter à se dire ça va prendre un ou deux. Mais voilà c’est déjà arriver à se dire qu’on en est capable, quel que soit son âge ou son vécu. Voilà ça a l’air une évidence absolue de dire il faut avoir la motivation et croire en soi pour le faire, mais finalement beaucoup de gens en restent à ce stade. C’est-à-dire il ne commencent même pas. Donc si on ne fait pas les choses, on échoue avant même d’avoir commencé. Et ça tue le projet dans l’œuf.

Thomas : Alors pour aller à peu plus loin sur l’état d’esprit… C’est quoi l’état d’esprit ? Est-ce qu’il y a un bon et un mauvais état d’esprit.

Pierre : Et bien oui. Les mauvais états d’esprit. Il n’y en a plein. ça va être de penser “je suis nul”, “je ne vais jamais y arriver” ; “de toute façon je suis français donc je suis nul en langues” ou alors c’est “je suis trop vieux donc je suis nul en langue”. En fait c’est des tas de freins qu’on se met dans la tête. Voilà c’est ça.

Mais souvent c’est la surface émergée de l’iceberg. C’est-à-dire on va se dire “je suis nul” donc “je peux pas”. Et ce que ça cache c’est “j’ai peur d’échouer”. Donc voilà je me trouve une bonne raison ou alors j’ai pas le temps. Enfin il y a 1000 et un argument qu’on peut sortir pour ne pas apprendre une langue et ne pas progresser en russe. Mais généralement, ce que ça cache de manière sous-jacente, c’est “j’ai peur de me planter”. Et ça déjà il faut s’en débarrasser.

Thomas : En fait ça justifie le fait de ne pas y aller quelque part.

Pierre : C’est ça. Ce sont de bonnes excuses ou plutôt de mauvaises excuses. Et ce qui se passe, c’est que finalement, si on y réfléchit, il n’y a que deux manières d’échouer à apprendre une langue. C’est de ne pas commencer ou alors de laisser tomber en plein milieu. Car si on persiste et même si on apprend lentement, au bout d’un moment on arrive forcément à quelque chose.

Thomas : D’accord, donc grosso-modo le mauvais état d’esprit, c’est celui qui t’empêche de faire. C’est celui qui te conforte dans ta position de “non apprendre”. Alors qu’en fait, tu peux tout à fait être capable comme n’importe qui d’autre, qui aurait lui ou elle, un autre état d’esprit ou qui serait quoi qu’il arrive en mode “je peux le faire”, “je peux progresser en russe”.

Pierre : ça c’est le principal parce que par exemple dans mon milieu parfois on voit des gens qui parlent 10 langues.

Thomas : Alors dans ton milieu c’est-à-dire ?

Pierre : Et bien c’est-à-dire avec d’autres gens polyglottes. C’est surtout anglo-saxon cette espèce de star-system où on va dire lui il parle 10 langues et lui parle 30 langues.

Thomas : 30 langues ça existe ?

Pierre : Oui ça existe. Mais en fait on voit ces gens-là en disant que ce sont des extraterrestres. Finalement la seule chose qui se passe au quotidien c’est qu’ils bossent avec des gens. Ils apprennent les langues. Ils vivent avec une personne étrangère etc… Et finalement ils sont pas plus intelligent que vous et moi. C’est juste qu’ils se sont lancés tôt et ils ont capitalisé pendant des années. C’est aussi bête que ça.

Thomas : Donc pour toi n’importe qui peut apprendre plusieurs langues à partir du moment où ?

Pierre : C’est une question d’état d’esprit parce qu’après il y a des gens qui ont plus de talent. Il y a des gens qui ont une meilleure mémoire, une meilleure oreille. Voilà il y a une chose qui fait que l’on va apprendre beaucoup plus vite les langues que les autres. Mais finalement le soubassement de tout ça c’est juste de le faire.

Parce que j’aime bien dire que Mozart était vu comme un génie. Mais c’était aussi un grand musicien parce que dès qu’il était petit, il a commencé la musique en fait. C’est la pratique régulière aussi. Et puis pour apprendre plein de langues, il faut avoir envie d’apprendre plein de Langues.

Thomas : Vous n’êtes pas obligé de le faire. Vous pouvez vous contenter de progresser en russe, c’est déjà pas mal.

Pierre : Oui c’est ça. Et souvent on a un peu la vision des gens qui parlent 10 langues. Et finalement les gens qui parlent 10 langues. S’ils font ça, c’est parce qu’ils ont eu un intérêt à ça. En fait vous, vous vous en foutez. Si vous voulez apprendre juste le russe et progresser en russe par exemple, c’est parce que vous avez de bonnes raisons d’apprendre le russe. Et ça c’est ce qui va faire passer déjà dans le bon état d’esprit. C’est savoir pour quoi on fait les choses.

Parce que si honnêtement vous voulez apprendre le russe juste parce que ça vous intrigue et parce que vous voulez voir comment c’est, ça n’est pas suffisant. Il faut que vous ayez vraiment une raison, parce que vous allez y passer… pas beaucoup de temps… mais au quotidien c’est un petit investissement sur des années. Donc si vous n’avez pas une bonne raison d’apprendre une langue, ne le faites pas.

Simplement ne perdez pas votre temps.

Thomas : Alors ça je suis content que tu dis ça parce que c’est aussi ce que je dis aux gens qui me suivent depuis un petit moment.

Pierre : C’est-à-dire qu’en fait, sans objectif, tu risques de t’arrêter assez vite. Il y a pas mal de gens qui me disent, principalement des retraités qui se sont remis à une langue, “je me suis remis à cette langue, j’en fais un peu parfois, mais je n’ai pas d’objectif et je ne progresse pas”.

Moi j’ai une formation de chef de projet à la base, dans le logiciel. Donc j’ai une vision très managériale presque de l’apprentissage des langues. Mais ce n’est pas juste issu de cette vision. C’est aussi parce que j’ai pu constater que quand on sait pourquoi on fait les choses à long terme et à plus court terme, c’est bien on avance et on peut progresser en russe. Alors que quand on ne sait pas où on va, on se perd à la fin.

Thomas : Alors qu’est-ce que ce serait un objectif ? Il y a des gens qui pensent avoir un objectif clair, alors qu’en fait il n’est pas vraiment suffisamment attirant comme objectif.

Pierre : C’est ça et bien il faut avoir finalement un peu de vision à long terme. C’est-à-dire “je veux parler russe couramment”. “Je m’intéresse à la culture russe et je veux progresser en russe”. “Je veux la découvrir de l’intérieur”, ça c’est vraiment la vision. C’est le truc qui te porte et qui va te donner une motivation un enthousiasme pour ça. Et après il faut être sur des objectifs plus concrets. Moi j’aime bien parler des objectifs SMART qui viennent aussi du monde de l’entreprise. Mais on n’est pas obligé

Thomas : La méthodes SMART, très rapidement vas-y ?

Pierre : Alors Spécifique Mesurable Atteignable Réaliste et Temporellement défini. SMART, voilà. Donc ça ça vient plutôt de l’entreprise. Il ne faut forcément le prendre au pied de la lettre. Mais c’est vrai que, dès que c’est spécifique, plutôt que “je veux apprendre le russe”, si vous dites : je veux apprendre le russe pour dans 3 mois et pouvoir me débrouiller à Moscou, c’est spécifique et mesurable.

Thomas : Alors qu’effectivement “j’aime la Russie”, ou “je veux progresser en russe”, c’est pas très spécifique

Pierre : Voilà, c’est ça. Et au bout d’un moment en plus on peut se démotiver parce qu’on aime moins la Russie etc. Après tu as tout l’aspect mesurable. C’est-à-dire est-ce que c’est quantifiable. Bon, alors tu n’es pas obligé de tout quantifier au mot près. Mais il y a des gens qui par exemple disent “dans un mois je veux connaître à peu près 300 mots”, donc avoir à peu près une vision. Ou, dans un mois je veux connaître à peu près les déclinaisons. Alors je ne sais pas si c’est raisonnable en russe ?

Thomas : On va dire dans 3 ou 4 mois ^^

Pierre : Ok et ensuite atteignable parce que si tu te dis, “je veux devenir bilingue en russe en 3 mois”, ça ne marchera pas. Et que ce soit aussi réaliste et pour terminer temporellement défini. Parce que si on se dit un jour : “je veux parler russe ou progresser en russe”, ça n’est pas motivant. Déjà de se projeter a plus de 3 mois, c’est compliqué .

Thomas : C’est ça. Donc se mettre des dates en fait, des jalons. Parce que si on ne met pas ça, on risque de reporter ça à une autre vie peut-être.

Pierre : C’est ça par exemple on peut se dire : “d’ici un mois j’ai ma première conversation de Russe”, même Basique. “D’ici 3 mois je vais aller à Moscou et parler un peu”. “Dans un an, je vais passer un diplôme”. Donc là j’invente, mais c’est ça et quand on a ça, on sait où on va.

Parce que quand on ne sait pas où on va… Honnêtement pour moi, toutes les fois où j’ai essayé d’apprendre les langues, dont le russe d’ailleurs et où je ne savais pas où j’allais et où je faisais juste ça pour découvrir… Au bout d’un moment, j’ai juste laissé tomber parce que je ne savais pas pourquoi je faisais ça.

Thomas : Il manque la carotte en fait le truc qu’on va poursuivre comme en espèce de rêve qui est défini le plus possible au delà de juste “je veux progresser en russe”.

Pierre : Et bien c’est ça. Oui, nous sommes des êtres égoïstes par nature et je pense qu’il faut complètement accepter ça. Et l’assumer et se poser ses objectifs pour les atteindre.

Thomas : Dans le sens où on fait les choses finalement par intérêt personnel.

Pierre : Oui c’est ça. Et parce que parler une langue, ça n’est pas seulement une donnée intellectuelle. ça va servir un besoin. C’est parce que par exemple, si votre compagne est russe, vous avez un besoin plus ou moins urgent de parler le russe et de progresser en russe, pour pouvoir avoir des discussions plus profondes ou intimes. Donc là, l’apprentissage du Russe vient après le besoin de la langue russe. Alors que juste dire “apprendre le russe pour apprendre le russe”, sauf si on est vraiment intellectuellement amoureux de la langue ça ne suffit pas.

Thomas : Ok et bien c’est intéressant déjà sur la motivation. C’est quand même le point de départ, pour qui que ce soit. C’est-à-dire, que vous soyez débutant ou que vous repreniez une langue aujourd’hui. Et le russe en particulier ou n’importe laquelle, puisque tu proposes n’importe quelle langue ou toutes les langues. C’est à peu près la même mécanique qu’il y a derrière.

Pierre : C’est ça. Et finalement en fait c’est vraiment comme une pyramide. Parce qu’en en fait, beaucoup de gens essaient de résoudre le problème en langues avec plus d’exercices plus de vocabulaire. Alors que si on a pas toute la base, c’est-à-dire savoir ce qu’on va faire au jour le jour, être motivé pour le faire, etc… ça ne sert à rien de recommencer les mêmes choses.

Thomas : Alors ce serait quoi les choses de base ? Les choses absolument essentielles par lesquelles finalement on doit commencer et quel que soit le niveau finalement qu’on peut avoir pour progresser en russe ?

Pierre : Alors pour moi les langues, j’y vois ce que j’appelle 4 piliers qui sont 4 activités principales qui vont concerner quasiment toutes les langues. Enfin les langues principales. ça va être :

  • la production de la langue (l’écrire et la parler).
  • La réception de la langue (la lire et l’écouter).

Ou alors on peut diviser ça entre l’oral (parler, écouter) et l’écrit (écrire et lire). Et ça c’est les 4 piliers. Donc parfois par exemple sur les échelles du CECR..

Thomas : Alors le CECR c’est ?

Pierre : C’est le cadre européen pour les langues. C’est-à-dire les niveau A1 ; B1 ; B2, c’est ce qu’on voit assez souvent. Pour eux il va y avoir une 5ème activité qui va être : arriver à parler en continu et avoir une conversation. Mais bon, globalement pour moi ça rejoint les autres.

Thomas :  Ah d’accord. Et ce serait presque une activité à part ?

Pierre : Oui c’est ça. Pour moi j’en vois plutôt 4. Bon il y a des langues qui ne s’écrivent pas, mais ça, on va les mettre à part. Si vous apprenez une langue (ou progresser en russe), il y a de fortes chances pour qu’elle s’écrive et qu’elle se parle. Donc en fait il faut arriver à pratiquer les 4. Il faut arriver à faire un peu de chaque quand même.

Parce que si vous lisez une langue et que vous ne la parlez jamais, et bien ce qui va se passer, c’est que justement, dans trois mois quand vous serez à Moscou, vous allez essayer de parler avec les gens et les mots ne vont pas sortir de votre bouche.

Les phrases ne vont pas venir. Les déclinaisons ne vont pas se faire en temps réel.

Thomas : Donc ça veut peut-être dire, que finalement l’aspect parler et conversation est peut-être plus important que les autres ?

Pierre : En fait, il n’est pas plus important, mais il est plus facilement négligeable. Enfin il est plus facile à négliger entre guillemets. Et du coup beaucoup de gens le font passer à la trappe. Et ça ne marche pas parce que ce qu’il faut savoir, c’est que le cerveau apprend par répétition d’une part et par production. C’est-à-dire que quand vous vous souvenez de quelque chose qui s’est passé dans votre enfance, vous n’allez pas chercher le fichier comme dans un ordinateur.

C’est le cerveau qui recrée les choses.

Et ce qui va se passer, c’est que quand vous utilisez activement une langue, vous allez beaucoup plus vite et beaucoup plus profondément l’intégrer, que simplement en la relisant ou en l’écoutant. L’aspect production c’est moi ce que j’appelle l’immersion active. C’est-à-dire s’immerger dans une langue et être toujours à son contact. ET la produire en l’écrivant et en la parlant.

Thomas : Donc l’immersion active est un excellent principe pour progresser en russe.

Pierre : Voilà, c’est ça. Parce que dans une scolarité de la 6ème à terminale, un élève qui prend en anglais en LV1 va parler seulement quelques heures en totalité dans toute sa scolarité. Et après on se demande pourquoi autant de gens sortent du lycée en ne parlant absolument pas anglais.

Alors que si vous allez à Londres le weekend et bien vous allez parler plus que dans toute votre scolarité, si vous avez fait partie des lycéens moyens. Donc ça, c’est la clé. Parce que quand quelqu’un me dit :”ça fait 5 ans que j’apprends cette langue et je n’arrive pas à la parler”. Je lui dis : “est-ce que tu fais de la conversation, est-ce que tu l’écris, etc…”. Et si la personne me dit non. Et bien voilà, il ne faut pas chercher plus loin.

Thomas : Donc alors du coup toi tu proposes une formation sur la conversation pour faciliter cet aspect là en particulier ?

Pierre : J’ai sorti plusieurs formations et pour le moment ma spécialisation est plutôt “apprendre à apprendre ce qui permet de toucher les gens qui apprennent toutes les langues parce que finalement on touche à des mécanismes de base.
Cette formation, c’est un peu une feuille de route pour motiver et décider des gens à aller chercher des locuteurs natifs. Où les trouver et comment les approcher ? Et maintenant, il y a plein d’applis, il y a plein de sites. Ce n’est pas dur à trouver.

Mais beaucoup de gens restent juste paralysés. Ils parlent une fois à une personne et la conversation s’arrête en plein milieu. Donc là c’est vraiment arriver à trouver des gens et les astuces pour en faire des partenaires linguistiques. C’est-à-dire vraiment des amis. Par exemple, vous allez avoir un ami Russe qui veut apprendre le français. Et vous voulez apprendre le russe. Faites un échange pour progresser en russe, ou alors vous pouvez avoir des profs, mais bon pour ça il faut payer.

Thomas : Alors pour ça il y a des supers sites dont tu parles aussi sur ta chaîne youtube. Il y a quelques sites qui vous permettent de trouver un interlocuteur russe en deux clics et de commencer à parler avec les 2 phrases que vous connaissez, les 10 phrases. Peu importe le nombre de phrases que vous connaissez.

Allez-y maintenant pour progresser en russe.

En deux clics, c’est faisable, c’est gratuit. Sauf si vous voulez les fonctions super évoluées, mais il y a pas vraiment besoin de ça en fait pour déjà converser dans une langue. Je mettrais le lien dans la description de la vidéo juste en dessous parenthèse fermée.

Pierre : Et pour terminer rapidement sur la formation c’est aussi une feuille de route pour faire des conversations plus efficace. Elle s’appelle Conversation Efficace la formation. Parce que bien souvent on parle de la pluie et du beau temps pendant 10 minutes. Et après on ne sait pas quoi dire. Il y a un gros blanc. Enfin je pense qu’on a tous vécu ça. Si vous avez parlé avec des natifs.

Thomas : Alors une feuille de route pour faciliter la conversation ?

Pierre : Donc c’est-à-dire que la conversation au lieu juste d’en faire un bavardage (sans sens négatif), on peut en faire un exercice où on va mobiliser le vocabulaire qu’on a appris. Fixer les structures de grammaire. Parce que bien souvent on les lit dans un livre. Et on les oublie le lendemain. Voilà. Et en fait il y a plein de petites activités qu’on peut faire

Thomas : Est-ce que tu peux nous en citer un ou deux ? Déjà un exemple ?

Pierre : Oui. Et bien tout simplement, si vous apprenez du vocabulaire au lieu de simplement le lire sur une liste. Et si vous ne le répétez jamais, là vous allez l’oublier. Et bien en fait vous le notez avant la conversation. Et comme ça et bien vous allez pouvoir mobiliser ce vocabulaire. Et vous allez le dire vous-même et l’entendre. Et bien là, ça va. Vous le rentrez en tête. Donc c’est préparer une conversation. On sait qu’on va rencontrer une personne. En particulier que ce sujet là va être intéressant avec cette personne.

Thomas : Et on va préparer la conversation.

Pierre : C’est ça. Et à la fin et bien on peut reprendre tout le vocabulaire qu’on a appris. On peut le noter et le réutiliser ensuite. Ce qui fait que chaque conversation devient un exercice. Ils s’empilent les uns sur les autres à force. Et c’est comme ça qu’on progresse. Plutôt que de parler une fois tous les trois mois et on ne fait rien de plus.

Thomas : Donc on a parlé de ta formation sur la conversation. Et tu as aussi des trucs pour apprendre le vocabulaire. Puisque l’apprentissage du vocabulaire, quelle que soit la langue, c’est un peu la même mécanique aussi. C’est le fonctionnement de la mémoire humaine d’abord.

Pierre :Oui c’est ça. Parce que encore une fois, c’est prendre les choses à la base. Et que finalement qu’on apprenne un mot d’espagnol ou un mot d’anglais, c’est globalement la même chose. Après il y a des choses qui vont être un peu différentes, comme pour le japonais ou le chinois.

Et il y a d’autres langues qui sont plus minoritaires où il va y avoir des pictogrammes, des idéogrammes, des choses comme ça. Là, ce sera un peu différent. Ce sera plus de la mémoire visuelle. Mais voilà, que tu apprennes un mot de russe d’anglais ou de japonais, ça reste à peu près la même chose. C’est une information abstraite. Et à partir de là, comment la rendre concrète et surtout arriver à la ressortir dans une conversation.

Thomas : Donc ce sont les mêmes compétences humaines derrière.

Pierre :Oui c’est ça.

Thomas : Alors il me semble que tu as aussi une autre formation qui parle d’un autre aspect de l’apprentissage des langues qui est la confiance en soi.

Pierre : C’est la première que j’avais fait. Parce que j’étais parti d’un principe simple. C’est que j’avais parlé avec beaucoup de gens des langues. Et quand je suis dans une soirée par exemple et que je parle de mon activité, des gens vont spontanément me donner leur expérience avec les langues. Et pour beaucoup de gens, on a l’impression que les langues ça s’est arrêté à un moment, au lycée, comme un traumatisme “façon Vietnam” : “j’arrive à me souvenir, c’était en 5ème, c’était mon prof et je sais où j’étais assis ce jour-là. C’était un jeudi et il m’a dit que j’avais un accent horrible et du coup je n’ai plus osé parler”. Et ce qui est dommage, c’est que beaucoup de gens… enfin je ne vais pas blâmer nos sociétés…

Thomas : Mais dans notre culture française en fait, ce que tu veux dire, c’est que tu as imprimé ce qu’on t’avait dit. A savoir que ton accent était horrible. Ce qui n’était pas forcément vrai. Mais ça t’a bloqué.

Pierre : Ou alors peut-être que l’accent était horrible à un instant T. Mais il y a pas de fatalité en cela. Et beaucoup de gens se disent :”j’aimerais bien apprendre une langue mais ce n’est pas fait pour moi. Il faut avoir un talent, avoir un don” ou je ne sais pas quoi. Et du coup ils ne passent pas à l’action.

Thomas : En préparant cette interview, tu me disais aussi qu’il y avait des gens qui se trouvent trop jeunes, parce qu’ils ont 14-15 ans. Ou trop vieux pour progresser en russe, parce qu’ils ont 80 ans. Et il y a le même genre de frein psychologique en fait.

Et bien c’est un peu des mauvaises excuses. Ce n’est pas parce qu’on a 40 ans qu’on ne peut plus apprendre une langue. Alors peut-être que quand on a 90 ans, c’est plus compliqué. Mais si on s’arrête juste à ça, alors on ne fait plus rien, parce qu’on se trouve de toute façon et quel que soit le projet toujours un truc pour dire “non, ce n’est pas le bon moment.

Thomas : Effectivement, à partir du moment où la tête fonctionne, il n’y a pas de raison. C’est comme les muscles avec un peu d’entraînement, on se muscle aussi le cerveau.

Pierre : Et bien c’est ça. L’apprentissage des langues s’il y a des gens qui se sentent nuls pour ça, c’est qu’il n’en n’ont pas fait pendant longtemps. Alors oui, au début c’est difficile. Il faut arriver à re muscler le cerveau. Mais une fois que tout est en place, quand on sait quoi faire, quand on a la méthode et qu’en plus on l’a perfectionnée pour soi. Finalement on peut l’appliquer à n’importe quelle langue.

Thomas : Est-ce que tu aurais une astuce qui permet de progresser en langue et qui ne serait pas forcément quelque chose qu’on entend très souvent ?

Pierre : Alors laisse-moi réfléchir…

Thomas : Parce que là on a parlé des blocages psychologiques. Alors ce ne sont pas forcément des choses qu’on entend très souvent déjà. Les blocages psychologiques, c’est le fait de croire qu’on est pas capable pour une raison ou pour une autre. C’est “je suis trop vieux” ou “je suis trop jeune” ou encore “j’ai peur de faire des erreurs” ou “on va se foutre de moi parce que j’ai un accent bizarre”… Et il y a plein de choses comme ça.

Pierre : Ou je fais des fautes etc…

Thomas : Et c’est des choses que l’on peut avoir comme croyances. Mais qui ne sont pas forcément réelles. Le simple fait d’enlever cette croyance là… et bien peux juste nous permettre de nous dire : “et ben tiens je peux le faire”. Et de le faire. Et d’accepter les erreurs et finalement de se mettre à faire des choses que l’on croyait impossible juste avant. Juste parce qu’on s’autorise.

Pierre : S’autoriser oui.

Thomas : C’est ce que tu me disais aussi en préparant l’interview. C’est qu’il y a des tas de manières de ne pas s’autoriser. Et à partir de là, tout est verrouillé. Alors qu’il suffirait de s’autoriser pour ouvrir en fait les possibilités d’apprendre.

Pierre : Alors pour te donner une astuce qui n’est pas forcément quelque chose d’extraordinaire mais dont on ne se rend pas forcément compte. C’est justement d’aller trouver quelqu’un qui apprend le français.  Et quand on apprend la langue le russe par exemple, de travailler avec cette personne.

Parce que cette personne vous allez la voir galérer autant que vous. Et puis vous allez voir que parler français, ça vient pas non plus en une semaine ou en un mois. Et là ça va vous faire relativiser par rapport à votre manque de confiance en vous et vous allez voir que si vous ne parlez pas encore en russe couramment et bien c’est bien normal, ça ne vient pas comme ça juste par une intervention divine. Cela va où faire dédramatiser.

Parce que le problème, c’est que j’avais vu un article écrit par un prof d’espagnol donc qui venait du monde hispanophone sur les élèves français. Et il avait remarqué que les élèves français avaient moins peur de parler devant les hispanophones que devant les francophones.

Thomas : Ah !

Pierre : Cela montre bien que finalement le blocage vient du regard des autres qui est finalement plus dur et plus méchant de la part des francophones, que de la part des hispanophones.

Thomas : En France en tout cas, on a effectivement peur du regard des autres, du jugement des autres. Peut-être plus que dans d’autres pays.

Pierre : Et bien c’est notre culture. C’est un peu “il faut tourner sept fois la langue dans sa bouche” ou “il ne faut pas faire de faute”. C’est très normatif le français, la culture française. Mais voilà. Une fois qu’on se lance vraiment dans la réalité du terrain. Et qu’on parle avec des gens qui parlent le français et qui vont faire plein de fautes, c’est naturel.

Thomas : Ah oui et du coup c’est un super conseil que tu donnes parce que vous n’êtes pas tout seul. Vous avez des difficultés, c’est normal. A chaque fois qu’on attaque quelque chose comme l’apprentissage d’une nouvelle matière ou d’une langue, il y a des difficultés. Cela fait partie du lot. Et si vous n’aviez pas ce serait anormal en fait.

Pierre : Ou alors vous avez beaucoup de chance.

Thomas : Et non seulement il y en a pour vous, mais il y en a pour des tas d’autres gens, qui font finalement le même travail que vous. Et le simple fait d’être en connexion avec ces gens-là peut vous rassurer, vous dire et bien “je ne suis pas tout seul” et vous donner un peu plus de courage et de motivation pour avancer dans votre projet.

Pierre : Oui et puis pour terminer là-dessus, c’est plus plaisant aussi de parler avec des vrais gens plutôt que le nez dans un bouquin.

Thomas : Exactement.

Pierre : C’est une des raisons pour laquelle je considère qu’il faut aller se trouver des amis russes en l’occurrence le plus vite possible.

Thomas : Exactement. Alors il y a un dernier point intéressant sur lequel je voulais te demander ton avis. Puisque tu es polyglotte toi-même. Tu parles combien de langues ?

Pierre : Alors je vais dire 6 en tout, et à divers degrés, français compris. Donc j’ai appris au collège l’allemand et l’anglais. Après j’ai appris le finnois à l’université et puis après je me suis mis à l’italien. Et finalement le japonais. Bon après aussi j’ai laissé pendant assez longtemps certaines langues rouillés. Donc je considère que maintenant j’ai consolidé ce que j’ai appris. Et je vais dérouiller un peu ce que j’avais d’avant. Je ne vais pas me mettre à de nouvelles langues avant un bon moment.

Thomas : Tu veux d’abord consolider ces 6 là ? C’est déjà quelque chose ^^

Pierre : C’est déjà pas mal. Et le truc c’est que parler 5 langues étrangères mal, c’est pas intéressant. Même en parler 10 mal c’est pas intéressant. Il vaut mieux en parler une parfaitement.

Thomas : Et voilà alors tu côtoies plein de gens qui finalement connaissent plein de langues et jusqu’à 10 et 30 langues. Tu vas sur des meetings avec des polyglottes de toute la planète qui viennent se partager les astuces et tout ça. Et toi-même tu es spécialiste de l’apprentissage des langues.

Est-ce que tu dirais que sur le vocabulaire avec un minimum de mots on peut faire un maximum de choses ? Et à ton avis il faut combien de mots de vocabulaire pour commencer à se démerder dans une langue ? Et en russe bien sûr ?

Pierre : Donc j’avais lu c’était une étude sur le lexique en français. Et ça m’a donné pas mal d’informations à ce niveau-là. C’est que de manière générale et en fonction des langues, le lexique français…

Thomas : Alors juste pour préciser, le lexique, c’est le nombre de mots que le français moyen utilise dans son parlé de la langue de tous les jours en fait.

Pierre : Voilà. C’est ça. Parce qu’en fait des langues comme l’anglais où il y a plein de variantes de mots qui n’existent plus, ou enfin de mots qui existent, mais qui ne sont plus utilisés, on peut monter quasiment jusqu’à des millions de mots. Et là on se dit : “moi c’est impossible, j’aurais jamais assez d’une vie pour faire tout ça”. Mais en fait, quand on regarde, la plupart des gens utilisent dans leurs quotidien à peu près 5000 à 6000 mots. Et dans la vie de tous les jours, on va utiliser entre 500 à 600 mots.

J’avais même lu un article qui parlait de personnes en France qui étaient dans un état de pauvreté linguistique. Ces personnes avaient un lexique courant de 500 mots et pas plus. Donc pour ces personnes là, c’est dramatique parce que finalement on ne peut pas exprimer beaucoup de choses. Et on vit dans un état de frustration, de détresse. Mais ça montre bien, si on prend le bon côté des choses, que si vous apprenez 500 mots dans votre langue cible, c’est que vous avez déjà de quoi acheter le pain et ne pas dormir dehors.

Thomas : Exactement. Et on peut même se dire qu’en apprenant même 1500 mots… Est-ce que se poser un objectif comme par exemple “dans 1 ans je connaîtrai 1500 mots en partant de zéro” ça ferait combien de mots à apprendre par jour ?

Pierre : A peu près même pas 5 je crois.

Thomas : 3 x 5 15, c’est à peu près ça oui. Donc 5 mots par jour. Vous connaissez 1500 mots dans un an à partir d’aujourd’hui et 5 mots par jour c’est pas beaucoup. Donc vous pouvez aller très loin. En 2 ans, vous pouvez connaître 3000 mots. C’est déjà à la tranche supérieure.

Pierre : Oui c’est ça. Avec 3000 mots on entre déjà dans les nuances. On peut déjà parler politique.

Thomas : Ok super. Merci beaucoup pour ces supers conseils et ces informations. Je pense que ça vous a intéressé. J’espère en tout cas.

Retrouvez Pierre et ses conseils sur sa chaîne Youtube qui s’appelle le monde des langues ou sur ton blog. Il s’appelle aussi le monde des langues.

Merci à très bientôt. Likez et partagez si vous pensez que ça peut intéresser vos amis vos proches et je vous dis quand à moi à la prochaine.

Si ça vous intéresse, dites-le-moi dans les commentaires juste en dessous, ce que vous en pensez et si vous avez des questions, n’hésitez pas. J’aurais plaisir à y répondre.

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